martes, 16 de diciembre de 2008

Arts, Langage et Education



Introduction

Avec c'est Blog nous voulons montrer les differents situations de la France dès la prehistoire, dans ce cas a partir du langage, l'éducation et les arts.

Nous commencerons par l'éducation et son evolution jusqu'à moyen âge et après nous montrerons l'evolution du langage et des arts et beaux arts, sur tout avec l'invantion de l'art, la plus important du moyen âge: L'art Gothique.

L'art de la Préhistoire:

Près de trois millions d'années séparent le premiers outils fabriqués par l'homme des premières images préhistorique: cette longue période, équivalent de celle qui marqua l'émergence de Homme au sein des Hominidés quelque part en Afrqie Orientale, est dominée par un phénomène évolutif spécifique à l'homme: sa célébralisation. Avec ses lobes frontaux développés, le cerveau d'Homo Sapiens Sapiens fossilis offarait une complexité et des possibilités foctionnelles sans précédent; c'est añors qu'apparaît l'art, trente mille à quarante mille ans à peine avant notre ère. Ce lien en queleque sorte organique entre le cerveau évolué de l'homme préhistoriqye mderne et la création artistique dont il est l'auteur s'inscrit dand la persperctive des comportements métaphysiques proprement et exclusivement humains attestés par des sépultures aménagées dès le Paléolithique moyen, deux à trois dizaines de mnillénaires auparavant.

Dans les Pyrénées, les Magdaléins, derniers chasseurs de la préhistoire, ont exploté un vaste territoire pendant six millénaires et produit un art mobilier remarquable. Cette civilisation sans écriture est révélée à travers 450 objets: outils, armes de chasse, oeuvres d'art sur os, ivoire, bois de cervidé et matériaux lithiques, mis à jour lors de fouilles archéologiques. Les thèmes figurés de cet art se rapportent essentiellemente à la grande faune sauvage: chevaux, bisons, bouquetins, cerfs, rennes, et parfois à l'homme lui-même représenté sous une forme masquée ou caricaturisée


L'ART GOTHIQUE

Il domina l'Europe durant quatre siècles, rien ne pouvait être bâti sans faire appel à lui tant il a révolutionné les techniques de construction. Des années 1130 aux années 1520-1530, l'Europe fleurit de constructions religieuses ou civiles adoptant l'art gothique. Cette longévité, extraordinaire pour un style architectural a, profondément marqué notre culture occidentale et particulièrement la France puisque c'est d'elle que tout commença. Pourquoi un tel succès, pourquoi cette impression de majesté nous saisi parfois lorsque l'on pénètre dans une cathédrale? Quatre grands points viennent répondre à ces questions :

· Quand, comment et pourquoi tente de vous expliquer les raisons d'une réussite technique.

· Après une présentation du gothique dit primitif, le temps des cathédrales rappelle le XIIIe siècle ou la France voit en à peine un siècle surgir ses plus belles cathédrales.

· L'évolution du XIV au XVIe présente deux siècles de progrès architecturaux.

· Comment reconnaître l'époque vous donne quelques éléments pour dater une cathédrale facilement.


Alors que la région parisienne n'avait pas eu un rôle majeur dans le développement de l'art roman, elle va subitement dicter les nouvelles règles architecturales en à peine une génération. Derrière ce brutal sursaut, l'œuvre de l'abbé Suger marque le début d'une aventure séculière. Abbé de Saint-Denis, proche du roi Louis VI, Suger va engager l'agrandissement de sa vieille Abbaye. Ce faisant, il va tourner la page d'histoire d'un art médiéval austère et lourd qui dominait l'architecture depuis presque deux siècles. La première phase de l'art gothique est dite "primitive", elle marque la naissance de cet art, c'est une recherche d'un style, le balbutiement d'une révolution. Elle couvre tout le XIIe siècle. C'est à cette époque que les cathédrales de Senlis, Laon ou Noyon sont batties, les premières d'une longue lignée d'édifices religieux. Ces derniers monuments sont encore inspirés par l'art roman, que ce soit dans le plan (cathédrale de Noyon), les piliers intérieurs (Notre-Dame de Paris) ou de manière plus évidente par la façade comme celle de la cathédrale de Laon le montre ici.

Jusqu'à la reconstruction de l'Abbaye de Saint-Denis, l'art roman, alors dominant, empêchait de percer les murs épais d'ouvertures trop nombreuses ce qui limitait considérablement la pénétration de la lumière dans l'Eglise. Une simple ouverture de trop dans un mur pouvait provoquer l'effondrement de tout l'édifice : l'atmosphère intérieure était de fait nettement assombrie. De plus, l'espace était souvent restreint, de nombreux piliers intérieurs ou extérieurs (les contreforts) venaient soutenir le poids gigantesque de l'édifice. L'architecture romane ne favorisait pas non plus la hauteur qui était limitée et donnait parfois à certains édifices un aspect trapu.

L'art roman perdure pourtant, il plaît et possède des avantages évidents mais surtout personne n'avait trouvé les moyens d'évoluer. Personne jusqu'à l'abbé Suger, qui voulu changer l'impression que pouvait donner son Abbaye. Il voulait la reconstruire avec une spiritualité religieuse plus intense et insister sur trois aspects nouveaux qui allaient devenir les caractéristiques de l'art gothique : luminosité, hauteur, et gestion de la poussée.

Commencé dans les années 1130, l'Abbaye est achevée, dans son gros oeuvre, vers 1144 et le résultat est si étonnant que ceux qui assistent à l'inauguration de la nouvelle Abbaye sont particulièrement surpris de la différence. Ils vont alors diffuser cette nouveauté que l'on appelle à l'époque "l'art de France".

L'art gothique naît dans une époque favorable au développement de ce style. Outre une stabilité politique et un essor économique général qui favorisent toutes les entreprises, le succès si rapide de l'architecture gothique vient aussi de sa capacité à répondre à une exigence architecturale plus ambitieuse. Comme l'Abbaye de Saint-Denis nous le montre, le gothique apporte un espace en trois dimensions, éclairé par une lumière extérieure qui symbolise la présence du divin.. Mais pour obtenir un tel esthétisme entre les hommes et Dieu, il fallait résoudre un problème technique insurmontable jusque-là : faire plus haut et plus lumineux avec un poids de plus en plus important. Or l'art gothique permet de mieux répartir le poids grâce à une série de techniques ingénieuses dont la voûte à croisée d'ogive et l'arc-boutant sont les principales.

La voûte à croisée d'ogives, déjà existante avant, connaît son essor avec l'Abbaye de Saint-Denis. C'est un croisement de deux arcs qui permet d'augmenter la résistance (d'ailleurs le mot ogive vient du latin augere signifiant "augmenter"). Le schéma de droite présente la répartition habituelle de la poussée. Les différents arcs (formeret, doubleau) permettent de répartir la poussée, représentée en bleu et rouge, sur quatre points d'appui. Le poids de la voûte étant conduit par les arcs et absorbé par ces quatre points, le mur n'est plus un support mais un élément de remplissage au travers duquel les architectes percent de nombreuses fenêtres. Grâce à la voûte à croisée d'ogive, la luminosité devient désormais inséparable de l'art gothique.

Quant à l'arc boutant, il est particulièrement utilisé au XIIIe siècle. Ce système d'arcs extérieurs qui donne à la cathédrale vue de haut l'aspect d'une araignée géante, permet d'absorber la poussée extérieure des murs pour la diriger vers le sol comme le schéma de gauche l'indique. La poussée passe d'abord par l'arc reliant l'édifice à la culée, héritière des contreforts romans, et qui reçoit l'ensemble de la poussée. Cette innovation importante augmente la hauteur. Très vite, les évêques, les architectes veulent construire selon "l'art de France" et édifier la nouvelle maison de Dieu. Le temps des cathédrales sera le siècle de l'édification.

Le temps des cathédrales

Après le XIIe siècle, celui de la naissance puis des premiers perfectionnements du gothique, la France rentre dans un nouveau siècle : celui des cathédrales. S'il est vrai que la course parfois acharnée à la construction se répandait dès la fin du siècle dernier, elle l'est encore plus aux premières années du XIIIe siècle. Tous sont en quête d'une spiritualité quasi absolue que l'on veut voir matérialiser dans les cathédrales. Cette majesté, ces dimensions que l'on veut toujours augmenter donnent à la France ses plus belles cathédrales en moins d'un siècle. Le siècle se prête d'ailleurs très bien à cette "compétition" entre villes, entre évêchés, tant il est l'âge d'or du Moyen-âge. La paix perdure, les récoltes sont bonnes, le pouvoir assure l'ordre : l'argent est suffisent pour répondre aux exigences d'une telle construction. Dans le courant créatif qui ballait la France et l'Europe, sept grandes cathédrales contribuent chacunes à l'essor techniques et esthétique du gothique.

La cathédrale Notre-Dame de Paris :

Ce XIIIe siècle débute avec la poursuite des travaux de Notre-Dame de Paris. Commencé en 1163, soit à peine vingt ans après Saint-Denis, sous l'initiative de son évêque Maurice de Sully, elle ne sera achevée dans son gros œuvre qu'en 1245. Ensuite, un siècle de modifications puis une intervention au XIXe siècle lui donneront son aspect d'aujourd'hui. Toutes les parties ne sont donc pas de la même période : le chœur est plus ancien que la façade, datant elle d'environ 1210. A cheval entre la période de naissance du gothique et celle de son affirmation, la cathédrale Notre-Dame porte en elle cette transition architecturale. C'est ainsi qu'à l'intérieur, de gros piliers qui soutiennent la retombée des voûtes rappellent un art roman mourant. La façade, elle, à part la rose centrale, est dominée par une succession verticale d'arcs brisés, ce qui tranche nettement avec la façade de Laon édifiée à peine quelques années plus tôt. Quant aux dimensions de Notre-Dame de Paris, elles dépassent largement celles d'une autre cathédrale du gothique primitif : Noyon : 130 mètres de long, 35 mètres de hauteur sous la voûte. De telles dimensions annoncent celles plus grandes encore des cathédrales à venir.

La cathédrale de Bourges :

Quand débutent les travaux de la cathédrale de Bourges vers 1195, l'art gothique a déjà une certaine maturité. La construction occupera presque la moitié du XIIIe siècle pour des raisons techniques et financières, mais l'architecte rendit un travail soigné qui favorisait plus qu'à Paris la pénétration de la lumière, point ô combien important de l'art gothique. L'originalité de la cathédrale vient du fait qu'elle marque un point de rupture par rapport à celles bâties antérieurement. Son plan n'a pas de transept ni de chapelles rayonnantes à l'origine, ce qui favorise un espace soigneusement mis en valeur. La cathédrale utilise également davantage les arcs boutants par rapport à celle de Paris et cette technique sera dès lors abondamment utilisée. Bourges est l'une des premières cathédrales n'ayant plus rien de commun avec le premier art gothique dit primitif. Avec elle, l'Europe entre dans un chantier de construction effrénée.

La cathédrale de Chartres :

Suite à un incendie en 1196, l'ancienne cathédrale est détruite ce qui laisse à l'évêque le soin de bâtir un nouvel édifice imposant par sa largueur. En effet sa nef possède sept travées auxquelles s'adjoignent les collatéraux d'où une largueur de 64 mètres ce qui ne manque pas de surprendre le visiteur. De plus, la cathédrale a été construite avec des innovations propres à son architecte ce qui la rend bien différente de celles qui existent en France. Au contraire de Bourges, le transept existe et est mis en valeur par ses façades extérieures. Les arcs boutants sont à double étage ce qui favorise l'élévation à trois niveaux de l'édifice : arcade, triforium, et fenêtres hautes. Chartres marque un net progrès dans l'évolution de l'art gothique.

La cathédrale de Reims :

Comme pour Chartres, c'est un incendie qui entraîne la construction d'une nouvelle cathédrale dans la ville où les rois de France seront sacrés. Commencée vers 1215, elle ne sera achevée qu'en 1275. L'architecte de cette cathédrale reste en partie fidèles aux principes de la cathédrale de Chartres et adopte la même élévation mais garde sa propre sensibilité dans la réalisation finale en touchant aux proportions des différents niveaux. Reims est donc édifiée selon l'initiative propre de son bâtisseur et inspirée des progrès antérieurs.

La cathédrale d'Amiens :

Dans la course frénétique à la majesté, Amiens marque une étape importante. Le chantier commence vers 1220 et son architecte veut donner à l'édifice une taille impressionnante. Il réussira en atteignant plus de 42 mètres de haut sous les voûtes, une hauteur jamais égalée dans la course à la spiritualité et à l'élévation vers Dieu. Oui mais, à toujours vouloir pousser les limites de la physique, l'architecte se rapproche du risque d'écroulement. celui-ci aura lieu dans la cathédrale d'Amiens où une partie des voûtes s'écoulèrent en 1284, ce qui obligea à reconstruire en doublant les supports intérieurs. Quant au chœur achevé en 1270, il dût être reconstruit suite à l'écroulement. Les travaux de la cathédrale se poursuivent jusqu'au tout début du XVIe siècle.

La cathédrale de Beauvais:

Les travaux commençant vers 1245, à une période où l'art gothique a déjà une certaine expérience. Une expérience qui pouvait jusqu'alors manquer aux architectes pour jouer d'une audace particulière. Mais avec les évolutions techniques de Chartres, avec l'impressionnante hauteur d'Amiens, l'architecte de Beauvais va vouloir aller plus loin. Amiens nous offrait 42 mètres sous voûtes, Beauvais en offre 48. Cette cathédrale utilise tous les progrès et l'expérience récoltés pendant un siècle d'évolution architecturale. Mais une telle entreprise récolte les conséquences de son ambition. Au XVIe siècle, la flèche s'écroule avec une partie du toit et encore aujourd'hui, la cathédrale est percée de nombreux consolidants métalliques et soutenue à l'intérieur par d'imposantes pièces de bois.

L'essor de l'art gothique a été si rapide qu'une personne né vers 1200 avait le temps de découvrir la nouveauté de Notre-Dame de Paris, d'être charmé par la luminosité de Bourges, émerveillé de la réussite de Chartres avant de mourir époustouflé par la hauteur sous voûte de celle Beauvais. Quant aux siècles suivants, ils offrent moins de nouveautés techniques mais gardent des réalisations intéressantes.

L'évolution du XIVe au XVIe siècle

Le gothique du XIVe siècle est dit rayonnant sans que rien de précis ne vienne justifier cette appellation. Il est certes un peu plus travaillé dans les aspects décoratifs mais de manière générale, l'évolution est faible autant que le nombre de constructions. Il y a d'ailleurs davantage de restaurations. Les plus grandes constructions du siècle sont à voir à Rouen avec l'Eglise de Saint-Ouen, à Clermont-Ferrand avec la nef de la cathédrale ou encore la cathédrale de Strasbourg.

Il est vrai que le XIVe siècle est un siècle de misère. Il ne favorise pas les grandes constructions coûteuses. Entre la peste noire qui décime le tiers de la population européenne et la guerre de cent ans qui monopolise les financements et installe l'insécurité, le gothique perd nettement de son souffle.

Il y a cependant quelques innovations importantes : les piliers ne sont plus qu'un ensemble de colonnettes qui reproduisent les arcs des voûtes qui viennent se prolongent en elles. Les murs ont tendance à gagner en ouverture avec des fenêtres plus hautes, ce qui réduit l'espace réservé à la galerie de circulation autour de la cathédrale (triforium).

La véritable évolution a lieu au XVe siècle avec un nouveau style de l'art gothique particulièrement reconnaissable : le gothique flamboyant. Le gothique dit flamboyant répond à une exigence de progrès, il tente de trouver une nouvelle expression pour ne pas sombrer faute de n'avoir pas su s'adapter. Les fioritures architecturales sont omni-présentes dans la façade, les voûtes et ses clefs (photo de gauche). Les fenêtres ont souvent, dans leur partie supérieure, des nervures ondulées en formes de petites flammes, d'où le nom de flamboyant pour dénommer ce style du XVe siècle. Quant au piliers, ils n'ont plus de chapiteaux et les arcs des voûtes viennent pénétrer directement dans les colonnes. Autre aspect typiquement flamboyant, l'arc en accolade (à droite) qui surplombe une lucarne ou une porte d'entrée et qui accentue l'esthétisme général de l'édifice (photo de droite). Rouen avec son hôtel de ville ou Bordeaux avec l'Eglise Saint-Eloi marquent le point d'orgue de ce gothique flamboyant qui use de la décoration plus que de l'aspect technique, déjà bien travaillé antérieurement.

Au XVIesiècle, l'arrivée timide d'une influence italienne laisse au gothique encore quelques décennies d'existence d'autant que les architectes et les évêques sont attachés à ce style séculier qui a montré sa valeur. Mais face au changement, à la grâce de l'architecture Renaissance qui fait de l'Antiquité la principale inspiration, l'art gothique perd sa domination acquise il y a plus de quatre siècles et jusque là jamais contestée. Il est vrai que l'architecture gothique évolue pour s'adapter aux nouvelles exigences, les piliers adoptent une forme massive et ondulée, les fioritures du gothique flamboyant s'amplifient. Malgré quelques constructions gothiques comme l'église de Gisors à gauche, rien ne peut empêcher la nouvelle déferlante italienne. Ainsi vers 1530 c'est à l'art Renaissance que beaucoup d'architectes, d'évêques ou d'humanistes, répondent tout en laissant au gothique un mépris dédaigneux le qualifiant d'art barbare, d'un art à l'image de la société médiévale que l'on dénigre au regard de la grâce et des valeurs de cette Antiquité redécouverte. C'est d'ailleurs Raphaël qui le premier employa le mot de gothique pour caractériser ce que l'Europe avait subi pendant ce brumeux moyen-âge que l'on remet en cause. Plus tard, on a même cru que cet art venait d'un peuple barbare, les Goths.

Comment reconnaître l'époque

L'art gothique est si répandu, sa vie a été si longue que les édifices du XIIe siècle ne ressemble plus guère à ceux du début du XVIe siècle. Certes l'arc brisé est une constante qui permet de définir la nature du style mais chacun peut aller plus au delà de cette simple constatation et apprendre à apprécier l'époque.

En plus des divers éléments déjà donnés dans les autres rubriques, il y a des points qui ne trompent pas pour affirmer avec certitude la date d'une cathédrale. Bien sûr, identifier une date grâce à une colonne ou à une rose ne signifie pas forcément que cette même date vaut pour toutes les pierres de la cathédrale. En effet, les cathédrales ont été construites sur un laps de temps parfois très long ou ont été modifié un ou deux siècles après leur construction. Si bien qu'une même cathédrale peut avoir des parties apparues au XIIe siècle et d'autres au XVe.

D'extérieur :

· La façade :

On peut dire que plus la façade est simple, plus elle est ancienne puisque l'évolution de l'art gothique a rendu les sculptures et les éléments d'architecture de plus en plus décorés. Ainsi la façade de la cathédrale de Laon ne ressemble plus à celle de Reims, il n'y a qu'un siècle d'écart mais un siècle qui a suffit à marquer la différence. D'un côté l'arc roman est encore présent dans les fenêtres en arc en plein cintre, de l'autre l'arc brisé domine partout et est davantage sculpté. Cette apport de l'art roman dans les premiers édifices se retrouve dans la rose centrale qui donne aussi une date fiable et précise. Dans les premières décennies du gothique, la rose est entourée d'un arc roman qui s'efface dès le XIIIe siècle derrière un arc brisé.


D'intérieur :

· Les piliers :

Rien n'évoque plus un siècle que les piliers soutenant le poids de l'édifice. En un simple et rapide coup d'œil, chacun peut reconnaître l'époque avec une marge d'erreur très faible tant la différence entre les siècles est nette. Ces cinq piliers sont classés chronologiquement du plus ancien au plus récent.


XIIe siècle

XIIIe siècle

XIVe siècle

XVe siècle

XVIe siècle

Au XIIe siècle, l'influence de l'art roman est nette. Le corps est monocylindrique et le chapiteau est décoré de motifs végétaux comme ce que l'on trouve fréquemment dans toute église romane.

Au XIIIe siècle, la différence est déjà plus marquée. La forme n'est plus monocylindrique : autour du pilier principal viennent s'ajouter des colonnettes dont le nombre est variable. Les chapiteaux peuvent encore avoir une décoration végétale et leur partie supérieure est toujours carrée.

Le XIVe siècle marque la multiplication des colonnettes dont le nombre est égal à celui des arcs de voûtes qui viennent se prolonger en elles. La partie haute des chapiteaux est octogonale et a perdu son rôle de support pour ne garder que celui de décoration.

Au XVe siècle, l'évolution des chapiteaux du siècle dernier fait qu'il ne sont plus utiles et disparaissent. Les arcs des voûtes viennent directement s'imbriquer dans le pilier qui regagne une forme cylindrique.

Le XVIe siècle retrouve des chapiteaux décoratifs et le pilier devient volumineux. Il est composé de trois colonnettes reliées entre elles par des courbes qui ont donné à ce type de piliers le nom de piliers à ondulations.

· Les fenêtres et les vitraux :

Pour cet aspect également, plus les fenêtres semblent détaillées, plus elles sont récentes. Dans un premier temps, si elles ne sont pas composées d'un arc en plein cintre et donc d'inspiration romane, elles sont rarement pourvues dans leur partie supérieure d'un occulus (partie haute d'une fenêtre se rapprochant par sa forme d'un œil de bœuf). Celui-ci ne viendra qu'au XIIIe siècle et se détaillera en fioritures par la suite. Remarquez alors la différence entre les deux schémas de fenêtres, l'une est plutôt géométrique dans ses décors avec un occulus tandis que la seconde à une décoration plus désordonnée, c'est le gothique flamboyant.

Quant aux vitraux, il faut être attentif aux couleurs. Le XIIe siècle voit la dominance des couleurs bleu et rouge pour une représentation souvent limitée dans des panneaux ronds ou carrés. Comme l'exemple le montre, les scènes sont souvent de grands événements religieux comme ici la Passion du Christ (à gauche), mais les destructions et divers remplacements ont engendré une rareté des vitraux de cette époque (50% de nos vitraux datent du XVIe siècle).
La couleur explose au siècle suivant avec l'apport d'autres teintes telles le jaune, le vert ou le bleu foncé. C'est l'époque de l'âge d'or du gothique, les maîtres vitriers répondent à l'exigence de lumière voulue par l'art gothique en composant leurs vitraux de telle manière qu'ils créent un jeu de lumière variable selon les moments de la journée. Après un siècle de répit dû aux difficultés diverses, le XVe assiste à la renaissance d'une couleur plus douce avec en plus une nette amélioration dans le traitement des visages (à droite) si bien que certains comparent même les vitraux avec les peintures de l'époque.

L’ENSEIGNEMENT ET L’ÉDUCATION

La première chose à faire pour étudier l’éducation à travers le temps, et l’histoire concernant ce thème c’est différencier les concepts d’enseignement et d’éducation :

L'étymologie aide à mieux définir le terme: éducation vient du mot latin educatio, qui signifie «élever», «amener à son plein développement» un animal, une plante ou un être humain. En fait, l'éducation est l'ensemble des moyens - connaissances générales, langage et techniques de communication, règles morales, etc - qu'une société met à la disposition de ses membres afin de développer leur personnalité en prenant part à la vie collective.

Ainsi conçue, l'éducation est l'axe de la socialisation des individus, c'est-à-dire le processus par lequel ces derniers sont intégrés à leur société, dont ils apprennent à accepter la culture, les valeurs et les normes. Il s'agit donc du passage de l'être biologique qu'est l'enfant à l'être social. L'éducation concerne en premier lieu les jeunes, qu'elle aide à parvenir à l'état d'adulte.

Si l'enseignement, tel qu'il est pratiqué dans le système scolaire et universitaire, occupe une place centrale dans l'effort éducatif, l'éducation recouvre un champ plus vaste que celui de l'école.

L'éducation ne se limite pas à la transmission des connaissances intellectuelles et des savoirs techniques. Elle se situe sur le plan de la morale collective, commence avant la période scolaire et est avant tout à la charge de la famille, même si certaines organisations, tels les Eglises, les partis politiques ou les associations culturelles, jouent ou ont joué sous certains régimes et dans des contextes divers un rôle considérable dans la formation des jeunes.

L’histoire et la langue sont très liées à l’éducation :

· «Lorsqu'on étudie historiquement la manière dont se sont formés et développés les systèmes d'éducation, on s'aperçoit qu'ils dépendent de la religion, de l'organisation politique, du degré de développement des sciences, de l'état de l'industrie, etc. Si on les détache de toutes ces causes historiques, ils deviennent incompréhensibles.» "Éducation et sociologie" Émile Durkheim (sociologue français toujours intéressé par l’enseignement et l’éducation).

· La langue joue un rôle essentiel, car c'est par elle que s'ordonnance la mémoire de la société. Les traditions et les règles de vie sont transmises d'une génération à l'autre oralement.

LA PRÉHISTOIRE

Dans les sociétés sans écriture de la Préhistoire, l'éducation était indissociable de la vie du groupe. Elle reflétait les hiérarchies qui l'organisaient (classes d'âge, prééminence des anciens, division entre les sexes), mais elle était aussi un moyen de maintenir une identité collective, face à la nature comme aux autres groupes sociaux.


L’hommo habilis- Premiers outils (haches et couteaux de pierre) avec lesquels ils chassaient collectivement les animaux et établissaient les camps.


L’hommo erectus- pour se protéger ils s’habillaient avec fourrures, construisaient des huttes et s’installaient dans des cavernes. Ils ont inventé le feu qui est considéré comme le commence et l’évolution de la civilisation et des relations avec l’environnement.


À cette époque-là la transmission orale était vraiment importante puisqu’elle a servi à des peuples entiers à fonder leur histoire et à définir le destin de l'homme. L’éducation dans la préhistoire s’agissait de transmettre des connaissances techniques et pratiques. Donc au commence avec l’hommo-habilis et l’hommo-erectus, les gens apprenaient la technique de la chasse et de la production du feu, génération après génération, regardant les autres pratiquer les processus et clairement à travers de la parole parce qu’ils n’avaient pas de textes écrits encore.


Le paléolithique

Les hommes ont commencé les déplacements.

À cette époque on voit des manifestations des premières gravures et sculptures de l’âge de pierre. Cela montre le début d’une vision relationnelle du monde.

L’homme Neandertal a passé de la chasse à la récolte.

On aperçoit les premières domestications des animaux: - les chiens et les chèvres (les premiers qui aidaient à garder et qui étaient les amis des hommes, et les autres parce que des chèvres l’homme acquérait le lait et le fromage).


Le néolithique

La pratique de l’agriculture est introduite. Avec elle, les hommes ont opté pour rester dans un lieu fixe. Ainsi, la division des territoires commence et cela apporte la notion des étrangers, la défense de ces territoires et les différences de coutumes, langues et cultures.

Dans ces périodes la langue orale continue à être la façon d’éduquer les jeunes puisque l’agriculture a besoin de connaissances spécialisées qui font partie de la vie quotidienne et pour la survie il était nécessaire d’apprendre les techniques á partir de parler et de pratiquer empiriquement. Ce ainsi comme il y a encore des paysans dédiés à l’agriculture dans les champs, parce que grâce aux traditions de transmission orale, les techniques et les coutumes sont restées et ont continué à faire partie de la vie des hommes suivantes.


D’autre part, le commence de l’art est un symbole de l’évolution de la pensée humaine. Les gravures dans les grottes montrent la capacité d’abstraction qui a l’homme de représenter la réalité et tout ce qu’il voit dans des choses tangibles. Les dessins et les sculptures peuvent être considérés comme des moyen d’éducation aussi parce que laisser ces traces et graver la réalité devait être appris pour ne pas perdre ce nouveau moyen d’expression et était aussi la façon de laisser des expériences, connaissances, apprentissages et idéologies aux futures générations.


L’ANTIQUITÉ


L'éducation commence à être conçue non plus seulement en rapport avec les besoins globaux de la société, mais en fonction du perfectionnement de l'individu: le bien public ne peut être assuré que par la conquête d'une éthique individuelle.


La culture orale véhicule toute une sagesse pratique à travers des devinettes, des contes, des comptines, des dialogues et des discussions, des questions et réponses dans des réunions intellectuelles. Ainsi, l’oralité continuait à être le moyen le plus important pour la transmission des connaissances et pour l’apprentissage des jeunes. Mais à ce moment-là la vision de l’éducation était de transformer le plus rapidement possible l'enfant en adulte agissant.

Toute l’éducation était influencée par la situation de la Grèce et par la dialectique de Socrate et de Platon :

Le monde Grec connaîtra, à partir du V e siècle av. J.-C., la première «révolution» dans l'éducation. Socrate joue un rôle essentiel dans cette évolution, principalement par l'intermédiaire de ses disciples, Xénophon et Platon. Son enseignement est tourné vers le développement de la conscience individuelle - « Connais-toi toi-même » est un de ses maîtres mots - et sa méthode (la maïeutique) consiste à pousser ses interlocuteurs à trouver eux-mêmes, grâce à des questions correctement posées, la réponse aux problèmes qu'ils se posent.


Platon, en exposant ses vues sur l'éducation dans la République et dans les Lois, entend répondre aux exigences de la morale civique. Estimant que sans culture on ne saurait être en mesure de gouverner, il élabore un programme d'éducation destiné à une élite qui suivra une formation jusqu'à l'âge de 50 ans. Mais les étapes envisagées pour accéder à la connaissance rationnelle sont déterminées par la recherche de la vérité; autrement dit, le bien public ne peut être assuré que par la conquête d'une éthique individuelle.

Comme la politique avait un rôle très important dès l’antiquité, c’est prudent de faire maintenant la différenciation entre éducation et pédagogie :

Pédagogie et éducation- On confond parfois pédagogie et éducation: le pédagogue, c'est d'abord l'enseignant, le professionnel. Les spécialistes distinguent cependant l'éducation, qui est du côté de l'action, de la pédagogie, réflexion d'ordre philosophique aussi bien que technique, destinée à orienter l'intervention de l'éducateur.


Les modèles pédagogiques se construisent à la fois à partir d'une systématisation des savoir-faire expérimentés sur le terrain et d'une théorie de l'éducation. Cette dernière peut être élaborée par les praticiens eux-mêmes, mais aussi par des philosophes ( Platon, Rousseau, etc) voire des hommes politiques. Dans la mesure où elle cherche à transmettre des valeurs, la pédagogie a aussi une fonction politique: toutes les périodes de transformation sociale (l'époque carolingienne, la Révolution française, l'avènement de la III e République ) ont donné lieu à la production de nouvelles doctrines pédagogiques. Enfin, la pédagogie utilise à des degrés divers les apports des sciences humaines: elle a été influencée par les travaux de Jean Piaget et H. Wallon, les découvertes de la psychanalyse, la psychosociologie.


LE MOYEN ÂGE


De l’orale aux textes


L'apparition de textes écrits marque effectivement un moment décisif dans l'évolution de l'éducation.

Les gens découvrent qu’ils n’ont pas une connaissance totalement vraisemblable et pour cela commence l’ouverture sociale et économique qui apporte l’entrée des arts libéraux.

Les livres et les textes des auteurs reconnus dans les différentes matières apprises, deviennent les outils fondamentaux. La manière de les étudier était à travers du commentaire littéraire.

Avec l’écriture, la religion obtient une grosse importance dans l’éducation aussi :


Le rôle de la religion et de l'écrit


Le livre, sous toutes ses formes, deviendra vite, en effet, l'instrument premier de l'éducation. Il a au départ un caractère sacré, car il contient les vérités sur lesquelles est fondée la vision cosmogonique et théologique de la société. Être éduqué, c'est d'abord connaître à la lettre les textes fondamentaux, afin de pouvoir les transmettre dans leur authenticité. L'éducation devient alors le domaine des prêtres. L'accent est mis sur la formation religieuse et morale, et les principes inculqués ne font pas l'objet de discussions. Ce lien entre culture et religion est quasi universel; il aboutit, dans le domaine de l'enseignement, à une hiérarchisation des élèves: ceux qui auront acquis le mieux le savoir et qui se conformeront aux normes morales formeront le corps sacerdotal.


Force unificatrice, la religion demeura longtemps une référence majeure de l'éducation. Mais la division sociale du travail ainsi que la naissance puis le renforcement de l'Etat vont amener une évolution. Il s'agit désormais de former des hommes capables de remplir des fonctions publiques: enregistrement des décisions gouvernementales, levée des impôts, contrôle de l'économie, etc. Ces hommes doivent connaître, au-delà des principes moraux, l'écriture et le calcul. De cette façon apparaîtraient les universités :


Les universités

Dans les premières universités, les cours étaient donnés dans des cathédrales et ils étaient des cours magistrales. Les instruments les plus utilisés étaient les livres et les textes des auteurs reconnus dans les différentes matières enseignées : Aristote pour la logique et la dialectique, Cicéron pour la rhétorique, Euclide et Télome pour les maths et l’astronomie, Hippocrate pour la médecine, entre autres. De cette façon tantôt les élèves tantôt les maîtres devaient lire aux auteurs inscrits dans les programmes et en plus on conservait les textes des cours des professeurs desquels les étudiants prenaient des notes. Les universités utilisaient la méthode de la scolastique: donner la priorité au lexique, à la grammaire et à la dialectique, pour apprendre les lois de la démonstration pour connaître l’objet du savoir, l’exposer et le défendre avec le but de convaincre l’audience ou les lecteurs.

Les techniques de formation et d’interprétation utilisées pour l’apprentissage étaient:

- La LECTIO (exposé d’une personne sur un thème spécifique dans lequel on réalise une lecture et on fait l’analyse grammaticale).

- Le QUESTIAO (on pose des questions et manifestations d’intérêt sur le thème exposé).

- Le DISPUTATIO (à partir des techniques de logique qui sont nécessaires pour l’argumentation, on discute les différents points de vue sur la lectio).

- Le DETERMINATIO (on présent une conclusion qui provient du disputatio. La personne la plus savante sur le thème traité conclue ce qui est correct et ce que n’est pas correct pour faire finalement la fermeture de la question et pour faire l’exégèses de la connaissance).


Le langage


Les moteurs du langage :

Parmi les éléments qui ont pu aider au déclenchement du langage, on peut relever :

  • La curiosité, le besoin de la faire partager.
  • L'homme préhistorique a dû aussi développer des outils linguistiques pour raconter : J'ai vu... / J'ai fait... Les notions de passé d'abord, de futur ensuite (Je vais faire...) ont pu s'élaborer ainsi. Raconter, c'est finalement partager sa curiosité, à distance, ce qui suppose des capacités d'abstraction.
  • Face à la narration peuvent naître l'admiration, ou bien le doute, la contestation. Des outils linguistiques ont sans doute été nécessaires pour argumenter.
  • On peut sans doute y ajouter la vantardise, l'invention, le mensonge, liés à la narration.


Quelles formes ?


Selon le linguiste américain Derek Bickerton, la naissance du langage a pu ressembler à ce que nous appelons des pidgins et des créoles.

  • Un pidgin n'est pas encore un véritable langage, car il n'est pas structuré. C'est à peu près... le langage de Tarzan : Moi Tarzan, toi Jane... Un pidgin se constitue lorsqu'il se produit un mélange de populations d'origines culturelles trop disparates pour que les langues se perpétuent, après une transplantation forcée, comme l'esclavage. Par besoin de communiquer, on emprunte un vocabulaire limité à la langue locale, la plus accessible, la langue dominante.
  • L'étape suivante, c'est le créole. Le passage du pidgin au créole prend une génération. Un créole emprunte à la langue dominante sa structure : mots-outils (prépositions, conjonctions...), éléments morphologiques (conjugaisons, accords, affixes...), structure syntaxique (formation des groupes et des phrases, ordre des mots).


FORMATION DE LA LANGUE FRANÇAISE


I - LES ORIGINES


1) Les origines anciennes

Après le néolithique, 3 peuples occupent le territoire `française` : les ligures (Provence, côte méditerranéenne, Nord-Ouest de l'Italie), les Ibères (Languedoc), les Aquitains (Sud-Ouest).

Ils ont laissé fort peu de traces dans la langue:

  • les ligures ont laissé des suffixes dans les noms de lieux : -ax / -ox / -us [langue connue par des gloses dans des textes latins] ;
  • on connaît la langue des Aquitains par des noms de personnes et de divinités dans des inscriptions latines ; comme ces noms ont un sens en basque, il est probable que l'aquitain est une forme ancienne du basque ;
  • traces pré-indo-européennes dans des noms de rivières : la Seine (Sequana) ; de lieux : Lutetia = "marais" ; de montagnes : les Ardennes ; cala = "abri" > calanque (mot provençal), chalet...


2) Les Gaulois


Rappel : les Celtes, malgré ce qu'en dit César, étaient des civilisés, bien que politiquement ils n'aient jamais réussi à s'unir pour former une nation.

"La" langue des gaulois est constituée de dialectes celtiques. Nous avons peu de traces écrites, car la langue écrite était réservée aux druides, qui écrivaient sur des supports fragiles, comme des écorces d'arbres. Les Gaulois possédaient une littérature orale, transmise par les druides ou les bardes. On possède quelques éléments relatifs aux noms propres (dits onomastiques) dans des inscriptions latines ou grecques ; les inscriptions celtes utilisaient un alphabet d'emprunt (latin, grec, + ibère, étrusque, ailleurs qu'en Gaule). On possède aussi un calendrier (situé à Coligny, dans l'Ain), une tablette à Chamalières, une autre dans le Larzac [il est difficile d'interpréter ces documents longs, vu les limites de nos connaissances, et cela se fait par comparaison avec les langues celtiques connues].


La langue des Gaulois était sans doute proche du Breton actuel, qui est un mélange de 2 dialectes celtes. Le Gaulois, qui est le celtique continental, présentait des affinités avec les langues italiques comme le latin : génitif en -i, futur en -bo, etc.


3) La conquête romaine


Elle commence dès le 1er siècle avant JC, et est achevée vers - 50 (av. JC : Jules César).

Les causes du succès du latin :

  • le latin était apparenté au gaulois, et ne devait pas présenter de difficultés majeures aux celtophones ;
  • le prestige des envahisseurs, celui de la culture latine : le latin était une langue de civilisation ;
  • de même, l'ouverture de nombreuses écoles, accessibles aux gaulois ;
  • Le rôle de l'administration et de la magistrature ; les magistratures impériales, en outre, étaient ouvertes aux Gaulois, ce qui eut du succès dans la noblesse ;
  • Le rôle intégrateur de l'armée romaine : elle utilisait des contingents auxiliaires de mercenaires gaulois, qui devenaient citoyens romains après quelques années de guerre (ceux qui survivaient !) ; ils apprenaient à l'armée la langue et les usages de Rome [Vercingétorix en a fait partie ; et les gaulois s'adaptaient rapidement aux techniques romaines...] ;
  • l'immigration, le commerce ; le latin était une langue véhiculaire ;
  • la christianisation, car au IVème siècle, le latin était la langue liturgique ; la christianisation s'accompagne de romanisation, surtout dans les campagnes.


II - Le rôle des invasions


Dès le IIIème siècle, les invasions se multiplient, surtout au Vème, ce qui entraîne la chute de l'Empire Romain ; régions perdues : celles qui correspondent à la Grande Bretagne, à la Yougoslavie, à l'Afrique du Nord. Les conséquences sont importantes sur toute la Romania.


1) Fermeture des écoles romaines

Il n'y aura plus de modèle latin ; la langue va donc évoluer en s'éloignant du latin : la syntaxe se simplifie, la prononciation change.


2) Autour de la Gaule :

Certaines régions se détachent entièrement du latin :

Soit parce que les parlers antérieurs resurgissent dans les régions mal romanisées

soit parce que les envahisseurs germaniques dominent entièrement certaines régions :


3) Au coeur de la Gaule, les 1ères fragmentations dialectales

Au Sud de la Loire, c'est une région romaine depuis longtemps : la Narbonnaise est une province romaine dès 120 avant JC. Cette région est occupée peu de temps par les Wisigoths et les Burgondes, ce qui a peu d'influence sur la langue.

Au Nord de la Loire, un mélange du " latin " (ou plutôt roman) et du francique, ce qui donne la langue d'Oïl (oil = oui).

Au Sud de la Loire, c'est la langue d'Oc, proche du latin (Bourgogne, Savoie, Dauphiné).

Au milieu, une zone intermédiaire, où les deux se mélangent, ce qui donne le Franco-Provençal.


III - La naissance du français

Dès le IXème siècle apparaît une langue commune, nécessaire aux échanges. Ce sera le dialecte de l'Ile de France, le Francien. On en a une indication dans les Serments de Strasbourg, en 842.

Il y a différentes causes à cet état de fait :

Paris est un lieu de rencontre pour les voyageurs, grâce aux voies d'eau. Pour se comprendre, chacun utilise les formes communes des différents dialectes, alors que dans les zones rurales, on utilise ces dialectes différents, qui marquent quand même une certaine unification au niveau des régions (relations sociales, commerciales et religieuses).

En 987, Hugues Capet est élu roi de France (partie Nord, centrée sur l'Ile de France). C'est le premier roi qui n'ait plus su parler le germanique.

  • La langue du roi est une langue de prestige, qui est utilisée comme langue des affaires. Cette langue du roi est aussi une langue littéraire, ce qui étend son prestige ; on l'utilise pour la rédaction de poèmes, ou des traductions, ainsi que pour des adaptations en vers ou en prose de textes bibliques.

En 1281, , le français se développe de plus en plus (par rapport au latin) dans tous les actes juridiques, comme les plaidoiries ou les jugements. A cette époque, le français de Paris est incontestablement diffusé dans l'ensemble des provinces. Le français de Paris, c'est-à-dire celui de la cour et des parlements (au XVIIème, on considérera que c'est le seul bon).

En résumé : le " bon français " actuel provient :

  • de formes communes aux différents dialectes d'Oïl ;
  • de l'usage des milieux de la cour et du monde judiciaire.

Donc, seul un petit groupe de gens a élaboré ce qui est devenu le français moderne.


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